Club des Ajoncs d'Or

Voyage à La Vallée des Saints

5 septembre 2016

Les membres du Club des Ajoncs d'Or sont partis visiter La Vallée des Saints dans les Côtes d'Armor.

De l'avis général, ce voyage était un des plus intéressants et la journée s'est déroulée agréablement du matin avec la découverte de statues géantes de nos saints bretons, puis jusqu'en fin d'après-midi en compagnie d'un conteur-né qui nous aura bien fait rêver.

 

 

Saint Brieuc   

voyage 5 09 16

 

Fête de Saint-Yves - suite

 

La Fête de Saint-Yves a été célébrée le 15 mai 2016.

Comme chaque année, nombreux et nombreuses sont ceux et celles qui ont tenus à participer à l'office religieux puis au repas.

* * *

Yves Daniel - Avocat honoraire au barreau de Lorient 

nous a fait l'honneur de participer à la messe et nous a envoyé l'article ci-dessous

 

Monsieur Saint Yves est aussi fêté an pays gallo, à Cruguel, 56420, en plein Morbihan, au sud de Josselin, à une trentaine de kilomètres au nord de Vannes entre Locminé et Ploërmel.

A l’ancien carrefour, là où la route vers Guéhenno coupe la grand ’route de Josselin à Plumelec, s’élève un des arbres remarquables du Morbihan : un gigantesque if,  vieux de plus d’un demi millénaire avec, à l’ombre de sa frondaison qui en protège l’accès, la jolie chapelle dédiée à Saint Yves, couronnée d’un discret clocher-porche en forme de « H »,  promis à la ruine il y a une trentaine d’année mais qu’une dynamique association a sauvé d’une destruction quasi certaine et entretient pieusement depuis.

Tous les ans, le dimanche qui suit le 19 mai – le dimanche précédent, c’est à Tréguier qu’en Bretagne l’on fête le Saint Patron des Avocats – le pardon est célébré à la chapelle de Saint Yves à Cruguel, et je ne le savais pas : mon ami et voisin, Bernard Rio, qui sait pourtant tant de choses, ne me l’avait pas dit… (« Sur les chemins des pardons et pèlerinages en Bretagne », Le Passeur, mai 2015, 360 pages, 21 €)

Cette année, en raison d’une course cycliste organisée le 22 mai, le Pardon est avancé d’une semaine, au dimanche de Pentecôte, et j’y étais.

A toutes fins, je m’étais muni de ma robe et de ma barrette d’avocat qu’à vrai dire je ne sors plus qu’à de telles occasions. M’étant présenté à l’officiant, un ancien aumônier de l’armée de l’Air, retraité – tout comme moi – membre de ce qu’il a joliment appelé la « FIRE » (force d’intervention rapide de l’évêché), il m’expose qu’en la présente solennité de la pentecôte, Saint Yves devra laisser la préséance à l’Esprit Saint.

 C’est dans ces conditions que, lui ayant fait observé – ce dont il a convenu – que l’Esprit Saint n’est autre que le Paraclet, « avocat » en grec, j’ai été revêtir mon costume professionnel pour descendre à la fontaine où la cérémonie a coutume de commencer, au grand plaisir des pardonneurs présents et au mien, pour honorer mon saint patron.

Ainsi bénis à grand renfort d’eau pure et fraiche, nous revoilà repartis pour la chapelle, la croix de procession astiquée de frais et brillant de tous ses feux en tête suivie de la magnifique bannière de Saint Yves et de sa statue en faïence portée par deux enfants. Saint Yves est représenté portant contre sa poitrine un livre frappé de ses armoiries « d'or à la croix engreslée de sable, cantonnée de quatre alérions de même », qui sont d’Helory de Kermartin, avec, inscrits en haut et en bas, les mots « Charité » et « Justice », la principale des vertus théologales avec la foi et l’espérance et l’une des quatre vertus cardinales avec la force, la prudence et la tempérance, la justice étant une des formes les plus abouties de la charité.

Le vénérable if croit lentement à quelque pas à peine du porche d’entrée de l’édifice. L’un et l’autre sont manifestement l’objet des meilleurs soins de l’équipe de l’association de sauvegarde et les alentours sont entretenus et fleuris avec goût.

Même en pays gallo et sans être un spécialiste de philologie bretonne, on entend bien la parenté phonique entre l’if, taxus baccata, et Yves, prénom sous lequel le jeune Hélory a été baptisé en octobre 1253 au Minihy près de Tréguier où il mourra cinquante ans plus tard, le 19 mai 1303

Cet arbre remarquable est-il de nature à expliquer le culte voué à Saint Yves  à Cruguel dont le nom évoque à la fois le tumulus paléolithique et  le tertre émergeant sur de larges horizons, propre à accueillir les modernes éoliennes pourvoyeuses d’énergie nouvelle comme autrefois les toiles tissées aux alentours actionnaient les navires au large des côtes ?

A moins que ce soit l’inverse, tant était grande la réputation de Monsieur Saint Yves, canonisé dès 1347 en Avignon par le Pape Clément  VI, Pierre Roger (1291-1352) dont l’origine limousine en faisait un vassal du duc Arthur II de Bretagne (1261-1312), époux de Marie de Limoges (1260-1290) : l’iwin aurait-il été planté en l’honneur d’Iwan, tout récemment porté sur les autels et dont on se disputait déjà les reliques ?

La nef est éclairée par des fenêtres en plein cintre découpées de petits carreaux qui laissent pénétrer la clarté que reflètent les murs enduits de chaux blanche ; nous sommes accueillis par Monsieur Saint Yves lui-même, dont l’image trône à gauche du vieux retable qui orne le fond plat de l’édifice, tandis que les deux transepts se terminent en abside à trois pans dont l’un est agrémenté par, d’un côté, Sainte Anne, mais sans sa fille, la Sainte Vierge et de l’autre, Saint Joachim avec son bâton de pasteur en forme de cuillère, permettant de soulever des petites mottes de terre pour bombarder les ouailles trop rétives…

L’image de mon saint patron est particulièrement remarquable, disproportionnée par rapport à celle dont elle est le pendant, côté droit : saint Isidore, l’espagnol laboureur (1080-1130), si souvent représenté dans nos chapelle en bagou braz -  à ne pas confondre avec son compatriote sévillan (570-636), docteur de l’Eglise – saint Yves n’a rien dans les mains, ni livre, code ou bréviaire, ni le fameux sac de jute contenant les pièces de l’affaire à trancher (d’où l’expression « l’affaire est dans le sac »), il est en train de plaider ou de prêcher et sa gestuelle montre toute la force de conviction qui est la sienne. Il est manifestement inspiré et on se surprend, suspendu à ses lèvres…

On entend sa voix forte par les paroles du prêtre comme, non seulement les apôtres, enfermés au premier étage de la maison, mais aussi la multitude des pèlerins de toute race et langue qui se trouvait à Jérusalem pour la fête de chavouot, cinquante jours après Pâques, commémorant le don de la loi à Moïse sur le Mont Sinaï, ont entendu le « bruit » (Actes des apôtres 2, 2 et 6) à l’instar du peuple d’Israël les « coups de tonnerre » et le « puissant son de trompe » annonçant la présence de YWHW sur la montagne (exode 19, 16). La pentecôte ne se voit pas seulement aux langues de feu sur le front, elle s’entend aussi.

L’assemblée écoute et chante, chanter c’est prier deux fois, c’est dire combien les pardonneurs de Cruguel, sont fidèles à l’enseignement de Saint Yves, l’homme de charité et de Justice.

La cérémonie se termine par les cantiques traditionnels à la gloire du Saint Patron, l’air en est bien breton, mais pas les paroles : nous sommes en pays gallo. Le prêtre béni le pain que les responsables de l’association partagent et distribuent aux fidèles présents.

La feuille de messe prévoyant la vénération des reliques, je m’inquiète auprès d’un responsable de l’absence de celles-ci et m’enquiers de leur qualité : le sacristain m’a ainsi emmené jusqu’à l’église paroissiale dédiée à Saint Brieuc pour me présenter deux reliquaires en forme d’ostensoir, de facture tout à fait quelconque, remontant à peine au siècle dernier, contenant l’un quelques cheveux, l’autre quelque poils, supposés avoir appartenu à l’un et à l’autre des saints patrons de la paroisse. Qu’à cela ne tienne, les manifestations de la piété populaire sont toujours dignes de respect que je manifeste à ma façon.

Le beau soleil de début d’été a fait oublier la gelée blanche de l’aurore et le verre de Kir à la sortie de la messe en bonne et joyeuse compagnie, fait agréablement couler le pain béni qui restait un peu sec.

Malheureusement je n’ai pu aller jusqu’à la salle des fêtes déguster le rost-er-forn avec mes nouveaux amis que j’ai quitté avec regret et la promesse de revenir prier Saint Yves à Cruguel dans le Morbihan, entre Locminé et Ploërmel au sud de Josselin sur la grand route de Vannes.

Dimanche prochain je serai, comme chaque année maintenant, en robe et barrette, fidèle au pardon de saint Yves-Bubry.

 

 

bouquet St Yves 

Fontaine 2016 

Anciens combattants

 

 

 19 mars 3

Commémoration de la FNACA

Les anciens combattants de la guerre d'Algérie se sont réunis le 19 mars autour du Monument aux Morts en souvenir de nos soldats morts pour la patrie.

Après les discours du Président de la FNACA et du Maire, une gerbe de fleurs a été déposée.